Stratégie de Recherche
et Innovation

Le besoin de travail est partout visible. Nous avons constamment besoin du travail des autres ! Et, en fait, Il y a trop de travail à faire, mais pas assez d'emplois pour y répondre.
C'est pour cela que Umalis s'est donné pour but de recréer le lien entre le travail et l'emploi. De notre point de vue le chômage n'est qu'une construction sociale et culturelle.

DES PROJETS ANIMÉS PAR UNE PASSION PARTAGÉE

Notre société française est en pleine mutation : l’émergence d’une nouvelle forme d’économie, collaborative, sociétale, l’entrepreneuriat qui se teinte de vision solidaire, l’explosion technologique qui induit l’arrivée de nouveaux métiers. Ces révolutions transforment notre vision du travail : nous devons penser autrement les emplois et le marché du travail de demain.

Nos travaux de recherche sont une esquisse aux enjeux que soulèvent aujourd’hui les mondes numériques pour la recherche et la société.
Nous tentons en filigrane de répondre à la question pour laquelle aucune réponse n’a encore été trouvée qui est celle du chômage. Nous recherchons les causes de celui-ci par le biais des sciences humaines et tentons d’adapter la technologie à nos recherches fondamentales.

Pour cela, l’objectif des travaux de recherche et d’innovation menés par nos chercheurs est de replacer l'humain au centre des préoccupations d’Umalis. Notre pôle R&D se situe au cœur de la réflexion sur les nouvelles formes d’emploi, il a pour vocation à produire, à diffuser des connaissances qualitatives et quantitatives sur l’emploi en France et à l’étranger dans le but de servir l’intérêt général et l’innovation et de mobiliser concepts et outils pour appréhender la cause de l’apparition des nouvelles formes d’emploi, retracer leur histoire, comprendre les enjeux, et proposer des perspectives originales.

En s’inscrivant dans une démarche de responsabilité́ sociétale,nos travaux de R&D ont permis à notre système d'information d’être capable de proposer de nouveaux outils adaptés aux besoins des consultants. ; en réduisant les freins à l’autonomie, en proposant des conseils, du coaching et des formations, accessibles en ligne.

Le pôle R&D d’Umalisinvite des politiques, des responsables associatifs, des chefs d’entreprises, des professeurs, des chercheurs, des journalistes pour participer et réfléchir ensemble à nos thématiques principales de recherche autour de l’emploi :

Nouvelles formes, relations et configurations

D’après Robert castel, les difficultés et les remises en cause de la place du salariat entraîne, en raison de son pouvoir d’intégration, une véritable métamorphose de la question sociale. Entre les idéologies de la fin du travail et du tout le monde entrepreneurs, de nouvelles formes et configurations s’inventent cherchant à combiner l’accroissement de l’emploi, l’autonomie du travailleur et son insertion dans la société.

Selon Manuel Castells, les technologies de l’information ont déstabilisé l’organisation des grandes entreprises, accroissant la place des réseaux, plaçant les salariés et le salariat dans de nouveaux enjeux et de nouvelles contraintes.

Le salarié, sans plan de carrière, est plus autonome mais plus seul face au réseau. Il cherche de nouveaux équilibres dans ce que nomme Bauman cette société liquide avec des liens temporaires ou flexibles ou s’inscrivant dans des communautés.

Des nouvelles formes d’emploi apparaissent pour remplacer/compléter les formes actuelles que représentent les contrats en CDD/CDI. Elles permettent de se substituer aux sociétés individuelles : EURL, auto-entrepreneuriat. Une autre forme juridique de sociétés est apparue : la société de portage salarial laquelle facilite également l’accès à cette nouvelle forme d’emploi. Dans cette recherche, nous considérons un consultant porté comme une micro-entreprise qui fait appel au microcrédit de la société de portage.

Ce type de société est assimilé à une société hébergeant plusieurs micro-sociétés (incubateur d’entreprise) qui lèvent des fonds par le biais du crowdfunding via les frais de gestion de ces micro-entreprises. Nous effectuons une étude de cas sur dix consultants. Cette étude comprend des questionnaires, des réunions personnalisées et un audit de chacun des comptes des consultants. Nous nous intéressons à la notion d’autonomie.

Les nouvelles formes d’emploi réclament un apprentissage de l’autonomie et de nouvelles formes de dépendance et d’autres rapports de pouvoir. D’après Rancière, un apprentissage émancipateur se fait sous l’autorité d’un « maître ignorant », une certaine autorité bien conduite, où est reconnue l’égalité de tous devant les possibilités d’apprendre, est une voie vers l’émancipation.

Selon Serres, on apprend avant tout en étant placé dans ce que l’on ne connaît pas, qui nous permet d’élargir nos capacités. Pour Stiegler, l’apprentissage est avant tout un processus d’individuation ou l’attention portée à celui qui apprend est clé dans la réussite du projet tout comme une compréhension de l’organologie des savoirs.

Nous porterons également une attention toute particulière à la valorisation des actifs immatériels. Les indicateurs de performance et de compétitivité se déplacent aujourd’hui du capital technique et financier, vers le capital immatériel et le partage des connaissances. Les valeurs immatérielles correspondent à toutes sources d’avantages concurrentiels pour les PME, entrepreneurs et indépendants. Elles leur permettent d’accroître leur compétitivité et sont un facteur clé de succès pour la pérennité de leur développement. Les actifs immatériels deviennent dès lors des actifs stratégiques comme le capital humain, le capital innovation, le Business Model.

Discours, réception, paradoxes

Nous allons réfléchir sur les discours de l’emploi par les biais de la réception, de la performativité et des paradoxes. Les discours du tous entrepreneurs, de la fin du travail, de la destruction de la protection sociale, du déclin de l’Europe, de la société en réseau, de l’entreprise de soi, du déterminisme technologique, de la génération Y… ont des effets majeurs sur la représentation du travail, sur le partage des rôles, sur la subjectivité des individus et sur la façon selon laquelle ces nouvelles situations peuvent être vécues.

Comment les individus construisent-ils leur identité, quels types de subjectivités sont-ils engendrés par de tels discours qui sont paradoxaux (soyez autonomes !), masculins (soulignant l’autonomie, le choix, la performance à l’exclusion du care et de la solidarité), largement contradictoires (entre les discours) et jamais atteignables (on peut toujours aller plus loin) ? Plusieurs cadres théoriques pourraient permettre de problématiser ces questions, sous l’angle de la communication paradoxale, du la théorie du don (Mauss, Caillé), de la critique du libéralisme, de l’évolution du salariat et des systèmes de protection, de la théorie du genre… Ceux-ci seront mobilisés en fonction des enquêtes particulières et sélectionnés en général de manière inductive.

Dans cette nouvelle donne salariale et sociale, de nouvelles formes d’emploi s’inventent partout dans le monde, visant à concilier contraintes, aspirations et évolutions des rapports de pouvoir. Mais comment ces nouvelles formes d’emploi arrivent-elles à concilier ces nouvelles tendances ? Quels discours les enveloppent et les contredisent ? Comment ces nouvelles formes d’emploi sont vécues ? Quelles formes de subjectivités et de sujétion entrainent-elles ? Quels sont les acteurs qui émergent et ceux qui déclinent ? Par quelles méthodes, la recherche peut-elle capter toutes ces dimensions ? Quelles variantes émergent, en particulier en Europe et dans les pays dits émergents ? Nous privilégions la méthode par affect. Cette méthode permet de saisir le vécu des informants au plus près. En effet, les informants ont tendance à naturaliser les situations qu’ils vivent, reprenant les discours ambiants. Kathleen Stewart ou Alfonso Lingismoblisent cette méthode.

En prenant pour point de départ ce qui nous affecte lorsque nous côtoyons ceux qui vivent ces situations au quotidien, dans leur activité ordinaire, en nous étonnant de ce qui semble ne pas coller avec les discours majeurs, nous nous donnons la possibilité de faire surgir la réflexion à partir de ce qui dérape, de ce qui ne peut être dit, afin de décaler nos regardshabituels et penser les situations dans ce qu’elles ont de douloureux, de paradoxal, de refoulé et d’imaginaire. L’effort de réflexivité ainsi impliqué devrait permettre de croiser l’approche sociologique avecune réflexion éthique, engagée et proche des acteurs.

Responsabilité sociétale des entreprises

La R.S.E. a vocation à renouveler en profondeur la logique de l’entreprise capitaliste traditionnelle. Le passage d’un capitalisme de « shareholders » à un capitalisme de « stakeholders » ne doit pas se cantonner à une meilleure prise en compte des aspirations des salariés et des intérêts des consommateurs.

L’objet est de faire de l’entreprise un acteur central du progrès social et environnemental pour la société toute entière, pour la/les « communautés ». En effet, la distribution des salaires, le paiement de l’impôt et la satisfaction intéressée des besoins des consommateurs ne doit pas, selon nous, épuiser la contribution sociale de l’entreprise.Certaines grandes entreprises ont créé des fondations philanthropiques ou financent des associations humanitaires, mais cette contribution reste finalement marginale et largement externalisée.

A notre sens, la fonction d’utilité sociale devrait s’imposer au cœur de l’entreprise, coexister avec la logique - indépassable dans notre système marchand - de profit financier. Plus spécifiquement, il nous semble que l’entreprise devrait être systématiquement, directement et profondément mobilisée dans la réalisation du droit à l’éducation, initiale et tout au long de la vie, pour les adultes les moins formées et les plus éloignées de l’emploi : jeunes en difficulté, immigrés peu ou pas qualifiés, travailleurs peu ou pas qualifiés, chômeurs de longue durée. L’entreprise a également un rôle beaucoup plus central à jouer dans l’orientation des jeunes d’âge scolaire.

Il nous sembler exister pour les collégiens et lycéens un grave déficit d’information quant aux formations disponibles, aux débouchés professionnels, au monde de l’entreprise. Ce déficit d’information est une terrible source d’inégalité et de reproduction sociale. La R.S.E. touche et intéresse les nouvelles formes d’emploi. Comment développer la R.S.E. au sein des sociétés de portage salarial ? La R.S.E. affecte-t-elle de la même manière les sociétés “traditionnelles” et les nouvelles formes d’emploi ? Le marché de l’emploi évolue également via les nouvelles technologies et le droit à l’environnement. Comment les nouvelles technologies imposent leurs spécificités à la R.S.E. et comment, réciproquement, elles s’adaptent à ses normes ? Comment et de quelles manières le droit à l’environnement influence l’entreprise ?

Les exclus

L’éducation à l’intérieur de la famille conditionne le rapport à l’école et, ainsi, au marché du travail. La violence physique et psychologique subie par les jeunes sans domicile ralentit leur capacité à apprendre. De plus, les jeunes sans domicile appartiennent le plus souvent aux classes sociales populaires, ce qui réduit les chances de recevoir une aide matérielle et intellectuelle de la part de leur entourage. La plupart des jeunes sans domicile ont une trajectoire scolaire déviante caractérisée par l’école buissonnière, l’abandon, la suspension ou l’exclusion des institutions, l’obtention d’un diplôme peu valorisé sur le marché du travail ou l’absence de diplôme.

Certains jeunes suivent des programmes spécialisés et y renoncent également. Les trajectoires scolaires induisent les trajectoires professionnelles. Les épisodes sans domicile fragilisent le lien avec l’école, le travail et provoquent même encore davantage de ruptures. Les jeunes sont soit chômeurs, soit travailleurs avec peu de qualification et/ou travailleurs avec de faibles salaires. Ils occupent des emplois légaux, illégaux, ou des « petits boulots ». Certains n’ont jamais travaillé ou ont été renvoyés.

D’autres ont arrêté de travailler et ne veulent plus travailler du tout. Par ailleurs, des jeunes à Paris sont connectés au travail par le biais du bénévolat et les stages, ont un diplôme professionnel et reçoivent un salaire de leur travail, tandis qu’aux États-Unis, ils obtiennent plus souvent un diplôme généraliste, le high schooldiploma. La plupart de ces jeunes ne sont pas insérés dans le marché du travail et éprouve le besoin vital de gagner de l’argent. Pour survivre, ils mendient et/ou recourent à la délinquance de survie.

A Paris, les chances sont plus élevées d’abandonner les stages et à New York d’abandonner l’école. Ce sont les premiers résultats de nos recherches. Cette recherche va essayer de comprendre encore davantage les mécanismes d’exclusion scolaire et professionnelle dans le cas des jeunes sans domicile en France et aux Etats-Unis. Les rêves ont des significations spécifiques dans le cas des pauvres, et en particulier des jeunes sans domicile. Ils concernent particulièrement les jeunes sans domicile et les jeunes en difficultés.

L’imagination permet de s’échapper de son quotidien, de le transformer, même si cela est temporaire, de s’adapter à une dure réalité dure. Les rêves permettent de survivre. Ils deviennent ou non réels. Des jeunes rêves de se marier, de devenir parents et/ou de vivre avec leurs propres enfants. Certains rêvent d’avoir un emploi, un emploi qu’ils aiment. Avoir un emploi est un outil de changer son existence, de satisfaire ses intérêts économiques, de sortir de la rue, de devenir indépendant et de réaliser d’autres rêves plus ou moins dépendants : arrêt de la délinquance, mise en couple, paternté/maternité, accès au logement.

Des jeunes veulent devenir leur propre employeur. Créer sa propre entreprise permet de s’auto-employer, de déterminer ses propres règles. L’indépendance est privilégiée. Cette recherche pose deux questions principales : comment peut-on définir l’entrepreneuriat en France et aux Etats-Unis. Quelles formes prend-il dans ces deux pays dans le cas des jeunes vulnérables ?

Les technologies numériques au service de l’emploi

Les technologies numériques transforment le monde du travail en créant de nouveaux débouchés et en renforçant l’innovation, l’inclusion de marchés du travail toujours plus globaux. Elles affectent aussi la notion même du travail et son évolution dans ce contexte numérique, et les enjeux socio-économiques qui y sont associés. Nous pouvons identifier actuellement trois tendances dans cette évolution.

Les connectivités et des données augmentent de manière croissante. La société actuelle est de plus en plus « connectée » dans les réseaux mondiaux, ce qui implique la production de milliers de Tera-octets d'informations par jour. Les problèmes liés à la production accrue et à l'explosion combinatoire des données sont l'objet des études Big Data. Ces nouvelles technologies permettent également d’opter pour des formes d’emploi et de travail à la fois inédites et plus souples qu’'auparavant.

Les technologies numériques exercent une influence sur l’emploi comme secteur créateur d’emplois et comme outils pour accéder à de nouvelles formes d’activité professionnelle. L'impact des nouvelles technologies dans les relations sur l'emploi est aussi mesuré dans le développement des compétences nouvelles grâce à l'utilisation d'outils informatiques et/ou plateformes technologiques.

Nous identifions ici des systèmes d’apprentissage du type e-learning jusqu'aux grandes formations massives à distance (massive open online course - MOOC), afin d'élargir et de consolider les perspectives professionnelles des individus d’une société mondialisée. Les pays du monde entier cherchent à créer davantage d’emplois de qualité avec des retombées économiques et sociales positives pour les travailleurs comme pour la collectivité, en s’appuyant sur le développement de ces nouvelles technologies numériques au service de l’emploi. Les nouvelles technologies ont indiscutablement un impact positif sur les nouvelles formes d’emploi. Elles offrent de réelles perspectives de gains, créent des nouvelles opportunités même s’il existe un certain nombre de risques et d’obstacles. Elles posent des difficultés inédites pour les employés et les employeurs, en accélérant ainsi le déclin systémique de l'emploi « à l'ancienne ».

Comment seront les nouvelles formes d'emploi de demain ? Quelles seront les relations employeur/employé dans ce nouveau contexte ? Quels outils informatiques/technologiques seront utilisés pour faire face et accompagner ces nouvelles relations ? Comment étudier cette multitude de données (informatiques et comportementales) au travers des Big Data ?

Alors que la norme iso 26000 diffuse comme mot d’ordre à tout type d’organisation d’impliquer et prendre en compte les parties prenantes en organisant le dialogue et la concertation, nous savons bien qu’instaurer un système de communication numérique ne suffit pas pour faire valoir la voix de tout à chacun.

A l’heure ou le numérique est généralisé et est censé être un outil de communication utile au management, il est intéressant à partir d’un terrain concret et original tel que le portage salarial ou la relation entre salariés et société de portage s’instaure principalement par le numérique, dans un souci d’efficacité et de rapidité.

Il semble à lors intéressant d’essayer de détecter quels peuvent être les leviers et freins au dialogue organisé au travers d’une plateforme informatique qui propose de plus en plus de services.

Ce que le numérique peut apporter aux sciences humaines et sociales, est notre ligne directrice pour mener nos travaux.